La fondation des Diaconesses de Reuilly dans son contexte ecclésial et de société


Le contexte ecclésial et le contexte de société de leur fondation, les Diaconesses de Reuilly les partagent avec les Diaconesses de Strasbourg et les Diaconesses de Saint Loup, dans le canton de Vaud. Entre novembre 1841 et décembre 1842, trois francophones, une bilingue ; Strasbourg. On ne peut guère parler des origines de l’une sans parler de celles des deux autres.
Reuilly, donc : 6 novembre 1841
• Un pasteur : Antoine Vermeil, études de théologie à Genève de 1816 à 1823, cinquième pasteur du Consistoire réformé de Paris à partir de 1840 après 16 ans de ministère à Bordeaux.
• Une institutrice de 36 ans : Caroline Malvesin, bordelaise d’adoption. En 1839, elle est bouleversée par une prédication du pasteur Adolphe Monod et sent un besoin irrésistible de consécration totale de sa vie au Christ.
• Une originalité de cette fondation : elle se fait par correspondance, en neuf mois : 6 février – 6 novembre 1841.
Pour le Protestantisme français, le XIXème siècle est un siècle de résurrection après les galères, l’exil ou la résistance cachée, un siècle d’ardeur missionnaire de la foi après le Désert et la clandestinité, un siècle d’engagement au service de l’évolution politique et sociale du pays sur fond de renouveau parallèle du catholicisme français.

I. Le protestantisme a donc droit de cité

1789 n’est pas loin lorsque nos communautés voient le jour. 50 ans, c’est bien peu de temps pour qu’un pays retrouve des assises et se construise une identité renouvelée. Certains craignent de voir disparaître les acquis de la Révolution : « les droits de la conscience individuelle, chère aux Protestants, les droits de la critique, les droits de la raison, les droits de l’homme et du citoyen ». Un certain nombre d’autres refusent de laisser disparaître définitivement la monarchie de droit divin et de perdre la prééminence que leur donnait l’Ancien Régime.
Ces deux France, Napoléon va s’employer à les réconcilier dès qu’il accède au pouvoir (1799). Il fait entrer dans le droit français les principes de justice et d’égalité. Dès 1801, il signe avec le Pape un Concordat qui reconnait la religion catholique comme celle de « la majorité des français ». Puis, en 1802, il le complète par 44 articles organiques des cultes protestants luthérien et réformé et 77 articles du culte catholique, rédigés unilatéralement et jamais acceptés par Pie VII.
Avec Louis-Philippe qui lui succède, une certaine bourgeoisie prend le pouvoir, car le corps électoral a presque doublé. Les protestants entrent activement sur la scène politique, François Guizot le premier. C’est un régime cher aux protestants : « La Révolution monte sur le trône » diront certains. Et puis, trois des enfants du Roi épousent des luthérien(ne)s !
La Monarchie de Juillet, comme on nomme ce régime, s’inspire de l’Angleterre, notamment de sa bonne conscience sociale. A Paris, mais aussi en Province – Cévennes, Aquitaine – on voit émerger une bourgeoisie protestante qui va jouer un rôle politique mais aussi social important dans lequel les femmes témoignent d’une créativité et d’un sens des responsabilités remarquables.
« Le moment Guizot » comme Patrick Cabanel nomme les années où le ministre protestant, originaire de Nîmes, est au gouvernement (comme ministre de l’Instruction Publique, puis des Affaires Etrangères, enfin comme Président du Conseil), ces années sont symptomatiques de l’engagement citoyen des protestant(e)s de ces années d’entre deux révolutions (1830-1848). L’œuvre principale de Guizot, c’est l’instruction publique. La loi de 1833 pose les principes de l’enseignement primaire « les communes doivent construire et entretenir une école ». Ce travail d’alphabétisation du peuple français était une revendication des républicains, ces adversaires du gouvernement toujours menaçants pour le régime. Mais il n’est pas encore possible de rendre l’enseignement primaire obligatoire et gratuit, faute de financement et de maîtres laïcs que les premières Ecoles Normales commencent à former. Et puis, les enfants travaillent : ce n’est qu’en 1841 qu’une loi interdira l’embauche des enfants avant l’âge de 8 ans dans l’industrie et limitera leurs heures de travail journalier à huit heures entre 8 et 12 ans et à 12 heures entre 12 et 16 ans.
Parallèlement à cet effort politique et laïc, une « société d’encouragement de l’instruction primaire protestante »s’est déjà créée en 1829, illustration de cette double forme d’engagement citoyen des Protestants et de l’importance qu’ils ont toujours accordée à l’apprentissage de la lecture et des rudiments de l’éducation. La France est encore un pays rural. Malgré ses 50 ans de retard sur l’Angleterre, l’opinion française se convertit progressivement à la révolution industrielle. On voit donc émerger, surtout en milieu urbain (Mulhouse est à l’avant-garde), une classe ouvrière qu’on appelle « classe souffrante » et bientôt « classe dangereuse ». Bien peu, en dehors de Fourier, de Saint Simon, de Lamennais, se penchent encore sérieusement sur elle : les théories socialistes en sont à leurs débuts. Elles commencent cependant à travailler l’Europe.

II. Visages du protestantisme renaissant

Bien que n’étant pas autorisé à se réunir en Synode National, donc à exercer pleinement le régime presbytérien/synodal qui le caractérise (il devra attendre 1872), le protestantisme français s’organise.
Eglise luthérienne en Alsace, à Paris. Le président du Consistoire luthérien de Paris est le pasteur Rodolphe Cuvier, cousin du savant Georges Cuvier ; les Billettes sont le premier lieu de culte parisien.
Eglise Réformée en Cévennes-Languedoc, Sud-Ouest, Poitou, Charente, dans le Nord, dans la région parisienne. On voit très vite après 1802 se dessiner en son sein deux courants, l’un soucieux de fidélité à la dogmatique calvinienne dit orthodoxe, duquel Antoine Vermeil est proche ; l’autre soucieux d’abord d’une adaptation au monde qui évolue, dit libéral, sans oublier la marque que le XVIIIème siècle a posée sur l’évolution des idées.
On construit des temples. Des pasteurs se forment à Genève, à Strasbourg, bientôt à Montauban.
Une presse protestante voit le jour.
« Les Archives du Christianisme » sont le premier journal, lancé en 1817 par le pasteur Juillerat-Chasseur de tendance orthodoxe. Son but est l’information de l’Eglise.
En 1820, à Nîmes, le pasteur Samuel Vincent, un des grands penseurs libéraux du protestantisme français de cette époque, lance sa propre revue : « Mélanges de religion, de morale et de critique sacrée ». Son but : rattraper le retard de la France protestante en matière de recherche biblique et théologique. La publication vise d’emblée un public européen.
Un peu plus tard, en 1835, le pasteur Athanase Coquerel, d’un libéralisme beaucoup plus combatif que celui de Samuel Vincent, crée « Le Lien » qui jouera un rôle non négligeable dans les débuts de la Communauté de Reuilly, entre 1842 et 1846.
D’autres publications, plus ou moins éphémères ont joué leur rôle : émulation et rivalités à la fois.
Dans le premier quart du XIXème siècle, en tout cas, on a le sentiment d’une certaine fébrilité du protestantisme pour rattraper un retard d’un siècle sur la scène européenne et pour prendre sa place dans la société et la vie intellectuelle françaises, tout en se sachant minoritaire face à la grande Eglise catholique laquelle, néanmoins, a été fortement éprouvée par la Révolution dans son clergé, dans ses monastères, dans ses biens, dans ses énergies spirituelles et intellectuelles.
Mais si l’on considère globalement l’état de la France au début du siècle, un mot semble la caractériser : l’indifférence.
Du côté catholique, Châteaubriand apporte dès 1802 un souffle neuf et stimulant en publiant son « Génie du Christianisme » dans lequel romantisme et spiritualité s’allient.
Du côté protestant, Mme de Staël publie « De l’Allemagne » en 1810. Mais c’est vers 1817 qu’un grand souffle de renouveau va passer sur l’Europe auquel personne ne pourra rester indifférent. Qu’on accueille les manifestations ou qu’on les récuse, il faut se situer : c’est un REVEIL. Ses développements vont influencer la vie du protestantisme français jusqu’à nos jours mais on peut considérer 1848 comme une première date charnière dans son évolution, date par ailleurs capitale dans l’histoire socio-politique de la France. Six ans, donc, après les fondations de nos Communautés de Diaconesses.

III. Le Réveil

Je ne vais donner que quelques points de repère plus particulièrement nécessaires à notre propos. Ce Réveil est un vaste et très passionnant chantier européen.
Genève 1817
Plusieurs fils se croisent :
• une société des Amis, héritière de Zinzendorf et des communautés moraves, elle rassemble entre autres des étudiants en théologie.
• Une certaine baronne Krüdner, fervente, un peu inquiétante, en lien avec l’œuvre du pasteur J.F. Oberlin au Ban de la Roche, dans les Vosges, œuvre à dimension spirituelle, communautaire et sociale.
• Un ancien officier de marine écossais, Robert Haldane, touché par le réveil méthodiste de Wesley ; désireux de prendre contact avec la cité de Calvin, il vient à Genève, y prêche dans son style propre ; sa prédication, biblique et sensible, remplit de joie plusieurs des étudiants-pasteurs.
Cette prédication est un appel à la repentance, à une rencontre personnelle avec le Christ, à une expérience de libération intérieure que l’on désire alors irrésistiblement transmettre à d’autres par l’évangélisation et par une charité active.
La Faculté de Genève s’en émeut. Des questions théologiques sont soulevées par cette nouvelle conception de la foi : la divinité du Christ, le péché originel, l’efficacité de la grâce, la prédestination. Mais l’étincelle a allumé un grand feu. Le Réveil se propage avec sa note d’austérité joyeuse, toute tournée vers l’Evangile, la prière et les pauvres.
Antoine Vermeil, Louis Valette son ami luthérien, Adolphe et Frédéric Monod qui s’illustreront par la suite, alors étudiants s’imprègnent, chacun avec sa personnalité propre, de ce Réveil. Bientôt des prédicateurs parcourent la France pour l’évangéliser. De nombreuses conversions se produisent dont l’Eglise catholique s’inquiète. Des hommes, des femmes de toute condition sociale donnent à leur vie une orientation nouvelle : vie de prière plus intense, autour de la Bible, besoin de rencontres plus fréquentes que le culte du dimanche, vie mondaine plus sobre et engagements caritatifs. Vers 1830, Paris qui compte environ 24000 protestants est touché à son tour. Un lieu de culte marqué par cette piété s’y ouvre avec le Pasteur Grandpierre : la Chapelle Taitbout. Une assemblée nombreuse d’hommes et de femmes s’y retrouve le dimanche. On y chante à merveille !
Ainsi donc questions religieuses et questions sociales se mêlent. D’innombrables sociétés de bienfaisance se créent. Et le souci de la mission aux pays lointains s’y ajoute : les sociétés des Missions voient le jour.
La plupart de ces société réunissent toutes les sensibilités du Protestantisme. Néanmoins, l’individualisme protestant s’y affirme aussi. Ces sociétés deviennent si nombreuses que le ministre Guizot lui-même s’en émeut et cherche à coordonner cet ensemble par une Société des Intérêts généraux du Protestantisme dans laquelle il demande à Antoine Vermeil de siéger. Cela permettrait aussi que le Protestantisme s’affirme face au catholicisme et à ses congrégations religieuses en pleine expansion elles aussi.
Cette coordination serait d’autant plus importante que d’autres protestants arrivent en France venant d’Angleterre ou d’Amérique du Nord. Après des Méthodistes, ce sont des Darbystes, qui s’insèrent en milieu rural, puis vers 1830 des Baptistes, qui s‘insèrent, eux, volontiers en milieu ouvrier. On comprend la douloureuse perplexité d’Antoine Vermeil arrivant à Paris en 1840.
D’Angleterre ne sont pas seulement arrivés des prédicateurs-évangélistes mais aussi des femmes qui ont le souci de leurs congénères que la vie a mises dans des situations difficiles notamment en prison. Ces femmes appartiennent à la mouvance quaker anglaise. La plus connue, Elisabeth Fry, est accueillie à Paris en 1838 par un petit cercle d’amies, imprégnées par l’esprit du Réveil dont Madame Jules Mallet (Emilie Oberkampf) est la plus entreprenante. Aussitôt un Comité Saint Lazare (du nom de la prison parisienne pour femmes) est créé : on demande au Préfet de Police, protestant, l’autorisation de visiter les prisonnières que seules avaient les religieuses catholiques et bientôt on se soucie de l’accueil de ces femmes à leur sortie de prison. Le 6 novembre 1841 à Paris, dans le quartier de Reuilly proche du Faubourg Saint Antoine et de son milieu ouvrier, s’ouvrent conjointement un Refuge pour femmes protestantes sortant de prison et une communauté de « servantes du Seigneur appartenant aux communions réformées ». Les Diaconesses de Reuilly voient le jour.
Madame Jules Mallet devient membre du Conseil de Direction de la Communauté ; de même Mme Bartholdi-Walter, et Mme Jacques Matter originaire de Strasbourg, visiteuse de prison qui sert de trait d’union entre les Communautés de Reuilly et de Strasbourg et va traduire les écrits de la Maison allemande de Kaiserswerth pour la maison francophone de Reuilly. Les femmes les plus engagées dans les œuvres sociales naissantes vont être des piliers et le rester toute leur vie pour Antoine Vermeil et Caroline Malvesin à travers vents et marées dans l’aventure de leur fondation communautaire .
IV. Elargissons notre horizon
Depuis 1836, le pasteur du Temple Neuf à Strasbourg F.H. Haerter regroupait des jeunes filles désireuses de faire communauté et de venir en aide à quiconque en aurait besoin. Ces « servantes des pauvres » se constituent bientôt en « Association pour la promotion du Royaume de Dieu. » Haerter ne se situe pas en distance par rapport aux Eglises officielles mais il veut annoncer l’Evangile aux pauvres. Le 30 octobre 1842 l’Etablissement des Diaconesses de Strasbourg voit le jour, création à laquelle Antoine Vermeil et Caroline Malvesin sont très attentifs.
En Rhénanie-Palatinat des sociétés évangéliques se créent comme en France pour propager la Bible dans le pays comme à l’extérieur. Un jeune pasteur, Théodore Fliedner, entreprend un tour d’Europe ! En Hollande, il apprend que les Mennonites ont gardé des Diaconesses. En Angleterre, il rencontre Elisabeth Fry qui se prépare à créer des « sœurs de charité protestantes ». Rentré dans sa paroisse de Kaiserswerth, il fonde, à côté d’un hôpital, le 15 octobre 1836 la première Maison de Diaconesses qui sera lieu de formation des sœurs et, après des années de service intense, maison de retraite où elles reviendront.
Un français vient visiter cette réalisation en été 1841. Il s’appelle Agénor de Gasparin. Il est enthousiasmé et, sur le chemin du retour, fait part de cet enthousiasme à un auditoire du Canton de Vaud, dont sa femme est originaire. Dans l’assemblée se trouve un autre jeune pasteur Louis Germond qui dans son cœur porte un projet très voisin sans oser le déclarer, tant le climat ecclésial est délétère. Entre partisans du Réveil que son ami Alexandre Vinet qualifie de sectaires, et partisans de l’Eglise Nationale officielle, agressions verbales, rivalités, expulsions de presbytères sont le pain quotidien. . Malgré tout cela, Louis Germond a fini par trouver discrètement un lieu où son projet de Maison de Diaconesses pourrait se réaliser. Encouragé par l’enthousiasme d’Agénor de Gasparin, ce soir-là, il l’annonce publiquement.
Mais Madame de Gasparin ne voit pas les choses du même œil que son mari. Elle se met à lire les publications de Kaiserswerth, d’Angleterre, de France car la Maison de Paris vient aussi de s’ouvrir et elle réussit à convaincre son mari qu’il s’est trompé dans son appréciation : « Toutes ces maisons de « sœurs de charité » protestantes sont bien une résurgence des « corporations monastiques ».
Pourtant, ce qui avait séduit Agénor de Gasparin en écoutant Louis Germond, c’est qu’il s’agissait d’une « corporation libre ». La liberté évangélique était donc au cœur du débat.
Antoine Vermeil et Caroline Malvesin se refusent à opter pour telle tendance par opposition à telle autre ou pour telle dénomination du protestantisme. Mais ils posent chacun clairement leur allégeance aux « Communions Réformées en France », c’est-à-dire luthérienne et réformée.
Pour signifier ce lien, Vermeil sollicite son ami luthérien Louis Vallette comme vice-président du Comité Directeur de l’œuvre qu’il fonde. Dès mars 1842, cinq mois après l’ouverture, il invite des délégations officielles des consistoires réformé et luthérien à visiter la maison pour que tout se fasse au grand jour car il mesure bien les enjeux. Les délégations sont positives et encourageantes à l’exception d’un pasteur : Athanase Coquerel, de l’Oratoire qui exprime une franche réticence. Dans son journal « Le Lien » il écrit après cette visite : « C’est une innovation trop grave dans nos Eglises pour que nous ne nous fassions pas bientôt un devoir de l’examiner à fond et de dire à son sujet toute notre pensée. »
Vermeil répond au « Lien » dans les « Archives du Christianisme ». Une polémique virulente et douloureuse s’engage qui durera de 1842 à 1846 et amènera les deux fondateurs à reformuler les statuts de la Communauté naissante.
De son côté, Madame de Gasparin travaille à ses futurs volumes sur « Les Corporations monastiques au sein du Protestantisme » qui paraîtront en 1854. Et avec son mari, elle crée à Lausanne une école de garde-malades, « La Source », version laïque des Diaconesses de Saint Loup, qui existe toujours.
Conclusion
Regardons encore une fois cette première moitié du XIXème siècle. L’existence autorisée du Protestantisme est un des événements majeurs dans l’évolution de la société française de cette période. Le Protestantisme prend sa place dans la vie politique, dans le paysage religieux ; il apporte à la question sociale ses réponses propres, certaines s’orientant vers la laïcité, d’autres étayées par une conviction et une pratique chrétienne fortes.
Un autre élément majeur est la renaissance du Catholicisme. Les deux familles confessionnelles, l’une largement majoritaire, l’autre très minoritaire, s’éprouvent, sans toujours l’avouer, comme une menace l’une par rapport à l’autre : esprit de conquête d’un côté, de reconquête de l’autre sur le terrain caritatif ou de l’évangélisation ; craintes diversement fondées de voir naître une vie religieuse dans le Protestantisme.
Enfin, l’événement inattendu du Réveil interpelle les théologiens et crée de nouveaux courants dans le Protestantisme jusqu’à ce qu’en 1848, une scission devienne inévitable. Le pasteur Frédéric Monod et les paroissiens de la Chapelle Taitbout se détachent de l’Eglise Réformée et créent l’Union des Eglises Evangéliques Libres. Sous oublier les Méthodistes, les Baptistes, et les Darbystes.
Comment coordonner tant de diversités ? Comment signifier l’unité de l’Eglise ? Ces questions ne cesseront d’habiter Caroline Malvesin et Antoine Vermeil. Pourtant, l’esprit de Zinzendorf n’était pas mort, celui d’un « Christianisme fraternel » et d’ « une fidélité à répandre l’esprit d’unité. » Une vie communautaire et religieuse fécondant une œuvre diaconale semblait pouvoir être un élément de réponse. Certaines femmes s’y sentent appelées. « Je veux entrer dans cette sublime condition de l’ordre et de l’amour. », écrit Caroline Malvesin au pasteur Vermeil en 1841. Une aventure a commencé. Mais elle a réveillé des craintes, celles de voir remettre en question les acquis de la Réforme et réapparaître les « corporations monastiques »
Mais qu’est-ce qu’une « corporation monastique » ?

Intervention de Sœur Evangéline à l’occasion du colloque « Protestantisme et vie monastique : vers une nouvelle rencontre ? » 4 et 5 juillet 2015
Les Actes du colloque, publiés à l’initiative de l’Eglise Protestante Unie de France, sont disponibles sous le titre :
Protestantisme et vie monastique : vers une nouvelle rencontre ? Actes du colloque tenu à Paris les 4 et 5 juillet 2015.-
Coordonné par sœur Evangéline.-
Lyon, éd. Olivetan, 2015.- ISBN 978-2-35479-331-9